Connaître et maîtriser les risques liés à l'environnement


Quels risques peuvent menacer mon territoire ?

Santé-Environnement

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1. Définition : Qu’entend-on par risques de santé liés à la pollution atmosphérique ?

 

La loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (LAURE) de 1996 définie la pollution atmosphérique par « l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables, de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives »

- La pollution de l’atmosphère peut donc concerner l’air « extérieur ». Les sources de pollution majeures sont dans ce cas les sites industriels, les transports routiers, l’agriculture, les pollens mais également le secteur énergétique (chauffage des ménages notamment).

- La pollution atmosphérique concerne aussi l’air « intérieur », puisqu’un français passe généralement plus de temps dans des espaces clos qu’à l’intérieur. Les principales sources de pollution sont les dégagements de polluants par les matériaux de construction (comme l’amiante), les fumées de tabac, les gaz émis par les chauffages (notamment le monoxyde de carbone) les animaux domestiques, le radon, mais aussi l’utilisation des produits ménagers.

 

2. Quels sont les risques pour la santé liés à la pollution atmosphérique ?


Les personnes les plus sensibles (enfants, personnes âgées, malades du cœur ou des poumons, etc.) sont les premières concernées par la pollution atmosphérique, qui peut entrainer des maladies graves. Selon l’INSERM, le nombre de personnes souffrant de maladies allergiques (asthme, rhinite, conjonctivite, etc.) a augmenté de plus de 25%, ces 30 dernières années, dans les pays industrialisés. Aujourd'hui, en France, plus de 3 millions de personnes sont asthmatiques et plus de 30% de la population est atteint par des rhinites allergiques (source : INREDS). L’asthme provoque ainsi, chaque année, 1500 décès dont un tiers d’adolescents. Il est également à l’origine de 600 000 journées d'hospitalisation et 1 milliard d'euros de dépenses de santé.

Les conséquences de la pollution atmosphérique ne se traduisent pas toutes par des maladies graves, mais certaines d’entre elles restent particulièrement coûteuses pour la société : mal-être quotidien des personnes, importance des frais médicaux, absentéisme scolaire et professionnel, troubles du sommeil, etc.

Exemple des particules fines en suspensions :

 Les particules en suspension (PM pour Particulate matter) sont des poussières fines solides portées généralement par l’air. Ces particules peuvent avoir un impact sanitaire important en pénétrant dans les voies respiratoires et donc faire entrer dans le corps des éléments toxiques. Elles seraient ainsi à l’origine de 42 000 morts prématurées chaque année en France (source : Plan Particules), mais elles peuvent également provoquer des allergies et irritations chez les personnes particulièrement sensibles, notamment les enfants.

Les « PM » sont classées en fonction de leur taille, du PM2.5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) au PM0.1 (diamètre inférieur à 0,1 micromètres). Pour chacune de ces catégories, il existe une valeur limite, basée sur évaluation des risques qui lie expérimentations animales, études épidémiologiques et identification des différents facteurs et de leur rôle dans la pollution.

 Exemple pour les particules fines PM2.5 :

            Objectif de qualité : 10 μg/m³ en moyenne annuelle

            Objectif pour la protection de la santé humaine : 20 μg/m³ en moyenne annuelle

 Valeur limite actuelle : 29 μg/m³ (25 μg/m3 en 2015) en moyenne annuelle

Emissions atmosphériques de particules fines PM 2,5 en kilotonnes, par secteur, en France métropolitaine.

poll1Source : CITEPA, 2010.

 

La pollution peut également être d’origine naturelle, le meilleur exemple étant celui des allergies dues aux pollens. En effet, l’allergie au pollen dépend de plusieurs paramètres : non seulement du potentiel allergisant propre à chaque espèce de plante, mais également de sa concentration dans l’air, ainsi que de la sensibilité des personnes à ces pollens. Des études récentes ont, par ailleurs, démontré que les pollens peuvent, en présence de polluants chimiques tels que les oxydes d’azotes et l’ozone, possèdent un potentiel allergisant plus élevé que ceux provenant de régions non polluées. Ce « cumul » d’allergènes peut provoquer des symptômes respiratoires encore plus graves chez les personnes les plus sensibles.

pollen
Crédits : Pam Roth.

 

3. Comment savoir si mon territoire est concerné ?

 

- Le site Buldair présente l'état quotidien de la qualité de l’air dans les grandes villes et agglomérations françaises, ainsi qu’une prévision pour le lendemain.

Exemple des informations disponibles sur le site Buldair :

bulledair

- Le site de la Fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air propose des accès aux cartographies de la qualité de l’air, aux échelles européennes, nationales, régionales et locales. Les 33 Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) fournissent également, région par région, les données en direct de qualité de l’air.

- Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) propose une page où tous les sites de surveillance du réseau sont référencés, ainsi qu’un bilan général de polinisation, afin de surveiller les risques potentiels en fonction des saisons.

- Le registre français des émissions polluantes regroupe les données déclarées par les installations relevant de la directive IED.

 

4. Quel est l’impact du changement climatique sur la pollution atmosphérique ?

 

Si les conséquences des changements climatiques sur la pollution atmosphérique sont moins évidents que sur les conditions météorologiques (tempêtes, inondations, sécheresses, etc.), il existe néanmoins un certain nombre de liens qui ont déjà été identifié et risquent de peser sur les territoires français dans les années à venir :

- En plus des conséquences sanitaires générales liées aux canicules, la hausse des températures pourrait entrainer une utilisation accrue des climatiseurs, réfrigérateurs et autres appareils électriques réfrigérants, à l’origine d’une pollution atmosphérique à l’intérieur des habitations.

- Multiplication des incendies de forêts, à l’origine de l’émission de particules fines et de monoxydes de carbone.

- Formation de moisissures allergènes en raison de la hausse de chaleur et d’humidité.

- Multiplication d’algues qui, profitant de la hausse des températures dans les océans, peuvent produire des gaz parfois toxiques (marées rouges ou vertes).

- Enfin, des migrations d’espèces végétales, pour certaines particulièrement allergènes, rendront vulnérables des populations jusque là non exposées à leurs pollens.

- L’évolution de la pollinisation observée :
Certaines espèces ont déjà vu leur saison pollinique évoluer. Ainsi, le frêne libère ses pollens environ 1 semaine plus tôt qu’il y a 20 ans. La durée de pollinisation, quant à elle, augmente pour les graminées et les herbes, qui exposent les populations à leurs pollens pendant deux semaines supplémentaires par rapport à 1990.

- L’évolution à prévoir :
Si des études doivent encore être menées à ce sujet (voir ci-dessous), plusieurs évolutions sont évoquées par les biologistes : apparition de nouvelles espèces allergènes (ambroisie notamment), apparition plus précoce de la saison pollinique, augmentation des quantités de pollens émises,

Dans le but d’évaluer l’impact du changement climatique sur les allergies liés aux pollens, la Commission Européenne a mis en place le programme ATOPICA réunissant chercheurs du CNRS, du CEA (qui travailleront sur le développement de modèles statistiques de concentration des polluants dans l’air) et de l’INERIS (qui étudiera l’impact des polluants atmosphériques sur le caractère allergène des pollens). Le but d’ATOPICA est également de mettre en place des moyens de luttes contre l’ambroisie.