Contexte


Le changement climatique et les risques liés à l'environnement

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Le rapport de 2007 du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) assurait que « le réchauffement du système climatique est sans équivoque. On note déjà, à l’échelle du globe, une hausse des températures moyennes de l’atmosphère et de l’océan, une fonte massive de la neige et de la glace et une élévation du niveau moyen de la mer. »

Un certain nombre de risques sont directement liés aux conditions climatiques : tempêtes, sécheresses, feux de forêts, inondations ou encore canicules. Le GIEC s'intéresse plus particulièrement à l’impact du changement climatique sur la vulnérabilité des populations face à ces risques majeurs naturels. Le rapport du GIEC de 2007 prévoit notamment une « modification des régimes du vent, des précipitations et de certains aspects des phénomènes extrêmes ».

Les principaux effets envisagés peuvent être résumés ainsi :

  • Hausse des précipitations violentes à l’origine d’un risque croissant d’inondations « éclairs » à l’intérieur des terres, événements de coulée de boue ou de glissement de terrain plus fréquents.
  • Diminution des précipitations dans le sud de l’Europe, pouvant accentuer les effets des mouvements des sols, notamment le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux qui a touché plus de 7300 communes en 2003. Selon un rapport de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), « la hausse de fréquence et d’intensité des sécheresses en lien avec le changement climatique devrait amplifier le risque de retrait-gonflement des argiles. En l’absence d’urbanisation nouvelle, l’analyse réalisée fait état d’un coût moyen annuel des dommages passant d’environ 220 millions d’euros (référence sur la période 1989-2003) à 700 millions d’euros ou 1 300 millions d’euros [selon les scénarios] en 2100 ; il est donc multiplié par un facteur compris entre 3 et 6 » (ONERC, 2009). La prise en compte de l’urbanisation dans ces données augmenterait quant à lui le coût d’environ 17%.
  • Hausse du niveau de la mer, pouvant être à l’origine d’inondations côtières et d’une érosion accrue en raison des tempêtes et de la hausse du niveau de la mer, avec des impacts certains sur l’efficacité des ouvrages maritimes de protection (digues), voire même de la tenue de ces ouvrages face à la modification des pressions auxquelles ils seront soumis.

Les études prospectives sur le territoire français permettent d’estimer le futur impact du changement climatique sur les températures et pluviométries moyennes en métropole (voir tableau). Selon le rapport des groupes de travail de la concertation nationale pour le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), « suivant le scénario à « fortes » émissions, une forte diminution des pluies estivales (de 20 à 35%)», et « des évolutions accentuées de certains extrêmes climatiques» seront à prévoir.

                                                      «Pour ce scénario, un été sur deux de la fin du siècle
                                                      serait au moins aussi chaud que l’été 2003. »
Argiles                                                     Crédit photo : Nate Brelsford

Il convient de prendre également en compte certains risques industriels qui peuvent être impactés par une modification des conditions climatiques. Certaines craintes existent, par exemple, sur l’assèchement de plus en plus fréquent de cours d’eau nécessaires au refroidissement des centrales nucléaires, ce qui pourrait imposer la mise à l’arrêt de certains réacteurs dans les cas extrêmes.

Si l’impact du changement climatique pourrait aggraver certains risques naturels majeurs, il semble également certain qu’il aura un impact sur la santé des Français.

Avec le réchauffement du climat, de nombreux vecteurs, dont ceux du paludisme, pourraient élargir leur aire de répartition en Europe. Le réchauffement du climat pourrait également être à l’origine de nouvelles vagues de chaleur semblables à la « canicule » de 2003 qui avait marqué les esprits. Avec un climat plus en ensoleillé durant les mois d’été, on peut également s’attendre à une exposition encore plus fréquente de la population aux rayonnements ultra-violet, alors qu’un rapport interministériel rapporte déjà que « En France, entre 1978 et 2000, l’incidence de cancers cutanés a augmenté chez l’homme de 5,9% par an et la mortalité de 2,9% par an. »
(Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative Et Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, 2008).